MARIANE ALZI

Son premier pas discographique avait constitué pour elle un départ vers des territoires intimes. Ceux du sentiment amoureux et des cœurs battants. Ceux aussi de ses indignations liées à la marche patraque du monde. Mariane Alzi, jeune femme aux embrasements tendres et à la réflexion aiguisée.

Sur cet album au titre éponyme, Mariane avait réuni des chansons qui balayaient une décennie d’écriture. Le piano servait de base à son inspiration. Elle a une solide formation de musique classique qu’elle a tenu à transmettre (professeur de piano).  Puis à peine le disque publié, un sentiment d’urgence, une envie d’en découdre à nouveau. Il lui faut reprendre son chemin, défier les mots, s’abandonner dans la recherche mélodique.

Au cours de cette période créative, elle se retranche en Corse puisque c’est de là qu’elle est originaire. C’est là qu’elle a forgé sa voix aux rythmes des « paghjelle » de son village. C’est son repère viscéral, sa boussole. Là-bas, elle s’auto-discipline pour entrer dans une bulle. La sienne. De la solitude, une confrontation face à la mer et des nuits créatives. Elle se laisse porter par les vents ascendants de plusieurs courants. Une volonté prégnante chez elle d’avancer dans l’art-témoin, les chansons folk-contestataires comme Dylan ou Mercedes Sosa.

Mariane Alzi s’appuie sur une solide formation universitaire en Histoire de l’Art et en Archéologie. Elle se plonge également dans des poésies qui appellent à la résistance et au sursaut. René Char et les Feuillets d’Hypnos, bien sûr, ainsi que des recueils de poésies haïtiennes contemporaines et de poésies classiques japonaises. En février 2016 elle crée un spectacle intitulé Impressions au siècle levant”, une date unique et constructive pour ce nouvel opus. Une date, dans laquelle sont projetées, pendant le tour de chant, des images détournées et conscientes. Et elle de déambuler au milieu de ses spectateurs, espace scénique privilégié de la jeune femme pour qui la danse est essentielle.

Mariane Alzi étend le champ des possibles dans sa manière de composer.  Et écoute aussi beaucoup de hip hop (elle a fait partie d’une association de rap et de sound system). Ce deuxième album, elle le désire à la fois organique et électronique parce que son ADN est à la fois urbain et insulaire. A la réalisation une triplette, en l’occurrence Pierre Guimard (Lilly Wood and the Prick, Théodore, Paul et Gabriel), Nick Perrault et Sulee B Wax (NTM, Assassin, Arsenik, Busta Flex). C’est d’ailleurs ce dernier qui est aux manettes du premier single Olympie.

Il y a à la fois dans cette chanson – née sur la base d’une guitare et d’une boîte à rythmes – de l’ampleur et de la retenue, des cordes percussives et du dépouillement. On y entend une voix à la fièvre assurance. On y entend surtout une chanteuse, observatrice pénétrante de son temps, ébranlée par la disparition d’un patrimoine de l’Humanité, toujours prête à s’envoler vers les sphères de l’imaginaire. Une chanteuse qui a mal aux autres mais refuse de renoncer à d’essentiels élans d’espoir. Une chanteuse à la fois fragile, empathique et batailleuse. La sensibilité exacerbée de Mariane Alzi embrasse ces chansons marquées par la richesse de leurs textures. Des beats hypnotiques et trip hop, des lignes claires et mélodieuses, des pulsations lancinantes, des rythmes tribaux.

Mariane Alzi, auteur compositeur interprète, nous propose un disque tourné vers l’horizon, en mouvement, en panoramas, en visions cinématographiques et qui fait la part belle aux éléments naturels. La Corse, évidemment, qu’on retrouve autour de la dramaturgie de l’exilé (Ici), d’un ressenti troublé (Les îles) et d’une tempête à double lecture (Naviguer). Il y a une ballade qui bascule de l’intime à l’universel (La lune bleue), un titre impulsé par la lecture d’un poème de René Depestre (Je ne viendrai pas), des interludes qui lorgnent du côté de Chopin ou de la langue corse, une référence au long-métrage éponyme (Soleil vert), une berceuse délicate (Oyasuminasai). Deux morceaux dressent un constat alarmant sur la marche du monde. Ils s’appellent Au Loin et Des cendres d’Utopies.

Pour Mariane Alzi, l’Utopie est une nécessité plus encore qu’un rêve.

Concerts 2019 : 

20 Février : Paris – Café de la Danse
27 JUIN : Paris – Phono Museum
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